Agir concrètement pour prévenir les violences sexuelles 

À travers son travail en prévention des violences sexuelles, Annie Girard (B.A. sexologie) contribue à créer des milieux plus sécuritaires et à outiller les jeunes pour mieux comprendre, nommer et contrer ces réalités. 

Son parcours vers la sexologie ne s’est pas tracé d’emblée. Elle amorce ses études en histoire de l’art à l’UQAM, puis poursuit en communication à l’Université Laval. C’est au cours de ces années, marquées par des expériences personnelles et ses premiers contacts avec le milieu communautaire, que naît son intérêt pour la sexologie et l’intervention. 

Face au caractère contingenté du programme, elle entreprend des études en criminologie tout en suivant des cours en sexologie comme étudiante libre. Cette démarche lui permet de consolider son dossier et de confirmer son orientation. Lorsqu’elle intègre finalement le baccalauréat en sexologie à l’UQAM, elle s’y investit pleinement, portée par une volonté d’allier réflexion et action. 

Au fil de son parcours, elle s’engage dans plusieurs milieux, notamment auprès de Grossesse Secours, du Centre didactique de sexologie et d’un CALACS. C’est dans ce dernier qu’elle découvre une approche féministe centrée sur la reprise de pouvoir des femmes et des adolescentes ayant vécu des agressions à caractère sexuel. Elle s’y reconnaît profondément, tant dans les valeurs que dans les enjeux sociaux abordés. 

Sa rencontre avec Manon Bergeron marque un tournant. Sous sa direction, elle entreprend une maîtrise en sexologie, profil recherche et intervention, et s’implique dans plusieurs projets menés avec les CALACS. Son mémoire porte sur l’évaluation d’un programme de prévention auprès d’adolescent·es, en collaboration avec le CALACS L’Ancrage. 

Elle participe également à un projet d’envergure avec le Regroupement québécois des CALACS, visant à analyser les pratiques de prévention dans les écoles secondaires du Québec. Cette démarche contribue directement à la création du programme Empreinte : Agir ensemble pour contrer les agressions à caractère sexuel, aujourd’hui déployé dans plusieurs régions. 

Parallèlement à ses études, Annie développe une expérience terrain déterminante. Elle travaille notamment en maison d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, puis occupe différents rôles au sein d’un CALACS. Cette complémentarité entre savoirs théoriques et pratiques devient au cœur de son approche professionnelle. 

Elle rejoint ensuite le CALACS L’Ancrage, attirée par les valeurs du mouvement : respect, équité, solidarité et justice sociale. Elle y intervient à travers les trois volets d’action : aide directe, prévention et sensibilisation, ainsi que défense des droits. L’intervention de groupe y occupe une place importante, permettant de briser l’isolement et de renforcer le pouvoir d’agir collectif. 

Impliquée dès la genèse du programme Empreinte, elle en devient aujourd’hui responsable sur le terrain. Ce rôle incarne, pour elle, le potentiel transformateur de projets ancrés à la fois dans la recherche et dans les réalités vécues. 

« La prévention, ce n’est pas seulement le travail des spécialistes : elle passe aussi par des gestes concrets au quotidien », souligne Annie Girard. S’informer, remettre en question les idées reçues et intervenir face à des situations problématiques sont autant de façons de contribuer à des milieux plus sécuritaires, respectueux et solidaires.