Raconter pour comprendre, donner la parole pour faire avancer

Diplômée du baccalauréat en communication de l’UQAM, Monic Néron (B.A. communication) a su tracer un parcours remarquable dans le paysage médiatique québécois, où elle se distingue par la rigueur de son travail et la profondeur de son regard sur les enjeux de société.
Journaliste, animatrice, productrice et réalisatrice, elle s’est faite connaître du grand public à l’émission Puisqu’il faut se lever, où elle a couvert les affaires judiciaires avec précision et sensibilité. Son parcours l’a ensuite menée à la barre de projets marquants, dont la série documentaire d’enquête Le dernier soir, les émissions Deuxième Chance et L’avenir nous appartient, le documentaire La parfaite victime ainsi que le balado Maman arrête de mourir : survivre aux féminicides. À travers ces réalisations, elle met en lumière les failles de nos systèmes et donne une voix à celles et ceux que l’on entend trop peu.
Très tôt, elle sait que les médias feront partie de sa vie.
« J’ai commencé à travailler comme reporter télé à l’âge de 15 ans et la radio à 16 ans, dans ma région natale de Charlevoix. Déjà, j’avais la piqûre. Je savais que c’était le métier que je voulais exercer. »
En 2013, son arrivée dans l’équipe de Paul Arcand marque un tournant important dans son parcours, alors qu’elle a le sentiment de franchir une étape déterminante.
À la radio comme à la télévision, Monic Néron propose un regard sincère sur l’actualité. À l’animation de Le genre humain, puis de la matinale Mimosa! sur ICI Première, elle explore les enjeux contemporains en plaçant les individus au cœur des conversations, fidèle à une approche engagée, accessible et ancrée dans le réel.
Son passage à l’UQAM a joué un rôle déterminant dans cette posture. « J’y ai forgé mon esprit critique, j’ai appris à me remettre en question, aiguisé mon audace, mes convictions, j’ai appris à apprendre et aussi à désapprendre. » Elle souligne aussi les valeurs portées par l’université qui continuent aujourd’hui de guider ses décisions professionnelles. En parallèle de ses études, sa participation aux Jeux franco-canadiens de la communication lui permet de développer sa confiance et ses aptitudes d’animatrice, un jalon marquant, tant sur le plan humain que professionnel, qui résonne encore dans son parcours.
Ce sont d’ailleurs ces convictions qui orientent encore aujourd’hui le choix de ses projets, qu’elle souhaite à la fois pertinents, utiles et porteurs de sens.
Parmi ses réalisations, La parfaite victime occupe une place particulière. Le documentaire a contribué à nourrir une réflexion de société et à faire évoluer certaines pratiques, notamment avec la mise sur pied d’un tribunal spécialisé en matière de violences conjugales et sexuelles.
Encore aujourd’hui, l’impact du documentaire se fait sentir :
« On m’en parle encore chaque semaine, des survivantes, des parents, des intervenants sociaux. »
Un projet marquant, dans la continuité de son travail d’enquête sur l’affaire Gilbert Rozon, qui lui a valu, avec Émilie Perreault, un prix Judith Jasmin.
Guidée par une sensibilité aiguë aux inégalités sociales, elle accorde une importance centrale aux voix trop peu entendues. « Je suis allergique aux injustices », affirme-t-elle, en soulignant sa volonté de mettre de l’avant des réalités souvent absentes de l’espace médiatique.
Avec le recul, elle mesure le chemin parcouru, d’un studio de radio régionale à une des plus prestigieuses cases horaires de Radio-Canada.
Un parcours qu’elle regarde avec lucidité et gratitude, sans jamais perdre le plaisir de faire rayonner des personnes qui l’inspirent.
Fière diplômée de l’UQAM, elle rappelle l’importance de l’accès aux études supérieures et du rôle que peut jouer l’université dans une trajectoire de vie. Elle adresse aussi un message clair aux personnes étudiantes et diplômées :
« Que tout est possible, il suffit d’y croire, de travailler fort, avec humanité et bienveillance. Les portes s’ouvrent quand la compétence rencontre l’authenticité. »
En 2026, elle revient à l’UQAM à titre d’animatrice de la cérémonie des Prix Mosaïque, une expérience qu’elle décrit comme marquante.
« Quelle magnifique expérience. J’étais très émue de remettre les pieds à l’UQAM, de plonger dans le parcours inspirant et impressionnant de diplômés qui font une différence dans notre société. »
Elle souligne également sa rencontre avec la chancelière Pauline Marois, qu’elle dit admirer profondément.
Touchée de revenir sur le campus, elle souligne la force des parcours des lauréat·es et l’audace qui les caractérise, une audace dans laquelle elle se reconnaît et qu’elle associe à l’esprit même de l’UQAM.
« Cette audace, elle m’habite aussi, et il y a quelque chose de très “UQAM” derrière ça. »