Courir pour aller plus loin

Lorsqu’il pousse pour la première fois la porte du bureau de l’entraîneur de cross-country des Citadins, Maxime Lopes (Ph. D. psychologie) est loin d’imaginer où la course à pied le mènera. À l’époque, l’étudiant en psychologie, alors en échange à l’UQAM, ne se considère même pas comme un coureur. Il s’est pourtant laissé convaincre par son colocataire, Aurélien, de tenter sa chance au sein de l’équipe.
La saison est déjà bien entamée et Maxime a très peu couru au cours des dernières années. Malgré tout, l’entraîneur lui permet de se joindre au groupe. Une décision qui changera la suite de son parcours.
« Avec le recul, c’est assez dingue de penser qu’Aurélien m’a proposé de rejoindre une équipe de cross-country alors que je n’avais pratiquement jamais couru, et que cette proposition a finalement changé une énorme partie de ma vie. »
Au fil des années, la course prend de plus en plus de place. Maxime représente les Citadins en cross-country et en athlétisme, s’entraîne aux côtés de dizaines de coéquipiers et progresse rapidement. En 2018, il devient notamment le premier athlète des Citadins à remporter une épreuve sur le circuit universitaire québécois de cross-country.
Après cinq années de compétition universitaire, il se tourne vers une nouvelle distance : le marathon. Dès sa première tentative, à Toronto en 2019, il franchit la ligne d’arrivée en 2 h 27. Deux ans plus tard, à Valence, il abaisse son chrono à 2 h 19. Sa progression se poursuit jusqu’en décembre 2024, toujours à Valence, où il réalise un temps de 2 h 12 min 32 s.
Un parcours qui se construit en parallèle d’un autre projet, né de sa passion pour la course et de sa volonté de transmettre ce qu’il apprend.
Autour de 2020, Maxime commence à publier des articles et des infolettres consacrés à la course à pied. Son approche combine les connaissances issues de la recherche scientifique à sa propre expérience de coureur et d’entraîneur. Doctorant en psychologie à l’UQAM, il consacre d’ailleurs ses recherches au rôle des souvenirs épisodiques chez les athlètes, notamment en lien avec la motivation, l’épuisement et la performance. Il accompagne également à distance quelques adeptes de course au Québec. C’est ainsi que naît RunWise.
Le projet prend rapidement de l’ampleur. Aux articles s’ajoutent des vidéos, des balados et une communauté grandissante, tandis que les demandes d’accompagnement se multiplient. Maxime recrute un premier entraîneur, puis d’autres se joignent progressivement à l’aventure. Aujourd’hui, RunWise compte 32 entraîneurs et accompagne environ 900 athlètes, en plus de réunir une dizaine de personnes qui contribuent au projet en dehors du coaching.
Malgré cette croissance, la transmission demeure au cœur de la démarche.
« J’aime prendre du recul sur mes expériences, à la fois comme coureur et comme coach, essayer d’en faire une synthèse, puis les “digérer” pour les retransmettre de la manière la plus claire et accessible possible. »
Cette volonté se traduit notamment par les balados de RunWise, qui donnent la parole à des athlètes de haut niveau, des entraîneurs, des chercheurs et des scientifiques. À contre-courant des contenus toujours plus courts qui dominent les réseaux sociaux, certains épisodes dépassent les trois heures. Un balado consacré à la nutrition sportive, d’une durée d’environ trois heures et demie, a même été visionné par près de 200 000 personnes.
« On voit qu’il existe aussi une vraie demande pour des formats longs, approfondis, qui prennent le temps d’aller au fond des sujets plutôt que de rester en surface. C’est quelque chose auquel je tiens beaucoup. »
Et Maxime n’a pas fini de courir, au sens propre comme au figuré. RunWise travaille notamment au développement de sa propre application afin de réunir la planification des entraînements, l’analyse des données et les échanges avec les entraîneurs dans un même environnement. L’équipe investit également dans la formation continue de ses entraîneurs afin de préserver une vision commune du coaching tout en faisant évoluer ses pratiques.
Sur le plan sportif, Maxime a déjà son prochain objectif en tête car il participera au marathon de Valence, en décembre prochain. Après son chrono de 2 h 12 min 32 s, il souhaite maintenant franchir une nouvelle barrière symbolique : courir les 42,2 kilomètres en moins de 2 h 10.
Pour Maxime Lopes, la prochaine ligne d’arrivée est déjà en vue.