Donner une seconde vie à la mode

Lorsque Lilian Boisvert (B.A. administration des affaires) lance Petits Héritiers en 2019, l’entreprise tient encore dans son sous-sol. Sa fille vient de naître et, après plusieurs années à évoluer dans l’industrie de la mode, elle commence à imaginer une autre façon de faire circuler les vêtements et les objets qui accompagnent les premières années de la vie.
Son parcours l’a alors bien préparée à se lancer. Après ses études à l’UQAM, marquées notamment par une session d’études à Marseille, Lilian fait ses armes auprès de grands noms du commerce de détail et de la mode, notamment chez Simons et La Vie en Rose. Elle passe près de dix ans au sein de cette dernière entreprise et y développe notamment une solide expérience en marketing international. Au fil des années, elle acquiert une connaissance approfondie de l’industrie, du développement de marque et des réalités du commerce de détail.
Lorsqu’elle décide de créer sa propre entreprise, elle souhaite mettre cette expérience au service d’un marché encore en développement au Québec, celui de la seconde main soigneusement sélectionnée, particulièrement dans les segments moyen et haut de gamme. Sa formation en marketing et en affaires internationales à l’UQAM, combinée à son expérience professionnelle, lui donne les outils et la confiance nécessaires pour passer de l’idée à l’action.
« Je crois que mes études et mon expérience professionnelle m’ont permis de faire le saut vers l’entrepreneuriat avec beaucoup de confiance et d’assurance. Pour moi, les deux parcours vont véritablement de pair. »
Avec Petits Héritiers, Lilian veut proposer une expérience qui conserve le plaisir associé au magasinage et à la découverte. Dès le départ, elle souhaite aussi contribuer à changer la perception de la seconde main.
« Nous ne voulions pas simplement offrir des vêtements usagés, mais créer une destination mode, avec une identité visuelle forte, une sélection cohérente et une expérience qui donne envie de revenir. »
La sélection des pièces, leur présentation et l’esthétique de la marque occupent ainsi une place centrale. Les nouveautés sont dévoilées sous forme d’arrivages réguliers, où vêtements et objets uniques se succèdent au fil des arrivages. Malgré un inventaire en constante évolution, Lilian tient à maintenir ce qu’elle décrit comme une « cohérence dans le chaos », afin que l’univers de Petits Héritiers demeure reconnaissable d’une semaine à l’autre.
Ce qui commence dans un sous-sol prend rapidement de l’ampleur. En 2022, Petits Héritiers installe ses activités de commerce électronique à l’immeuble Grover et multiplie les ventes éphémères, notamment dans le Mile-End. En avril 2025, Lilian franchit une nouvelle étape en ouvrant une première boutique au 4067, rue Saint-Denis, sur le Plateau-Mont-Royal.
Petits Héritiers compte désormais une équipe de sept personnes et rejoint une clientèle qui dépasse les frontières de Montréal. Une communauté engagée s’est également formée autour de la marque sur les réseaux sociaux, où Lilian partage les nouveaux arrivages et l’évolution de l’entreprise.
Cette croissance ne change toutefois pas l’idée au cœur du projet depuis ses débuts, soit prolonger la durée de vie des vêtements et des objets en leur permettant de passer d’une famille à une autre. Pour Lilian, la seconde main peut devenir une façon de consommer plus responsable, sans mettre de côté le style ni l’expérience.
L’entrepreneure voit déjà plus loin. Elle souhaite poursuivre le développement de Petits Héritiers au Québec et en Ontario et vise à dépasser le million de dollars de ventes en 2027. L’agrandissement éventuel de la boutique montréalaise fait également partie des possibilités envisagées, tout comme l’utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser certaines opérations.
D’un projet lancé dans son sous-sol à une entreprise en pleine croissance, Lilian Boisvert a su réunir son expérience de la mode, sa formation en marketing et sa volonté de faire les choses autrement. Une façon de montrer que les vêtements peuvent avoir plusieurs vies et qu’une idée, elle aussi, peut aller beaucoup plus loin qu’on ne l’avait imaginé au départ.